« LE SANNYASIN… Un livre des voyages de l’âme, que d’autres appellent réincarnation, une “histoire perpétuelle” qui se déroule en trois cycles (après bien d’autres) ou trois vies, trois “îles” qui se situent dans “ce pays-ci ou là”, apparemment en Inde, mais l’Égypte y est aussi et les lacs gelés de Norvège. Et un personnage, Nil, toujours en quête d’ “autre chose” – un nouvel état de l’homme sur la terre échappant à la “Mécanique” et aux lois du mental –, qui a tout brûlé pour cela, laissé la robe du monde pour celle d’un mendiant Sannyasin, et qui découvre une conscience plus vaste, cosmique, des perceptions nouvelles, pour s’apercevoir finalement qu’il avait peut-être trouvé la liberté des hauteurs, mais perdu la terre. Et chaque fois, de vie en vie, ce personnage retrouve les mêmes circonstances, mais comme aggravées, les mêmes acteurs, et une éternelle bien-aimée, Mohini, Batcha, sa compagne de tous les cycles, qu’il brûle chaque fois pour saisir l’insaisissable autre chose : “Trois fois, tu es venu ; trois fois, tu as tué” ; comme si ce long périple le conduisait vers un impossible point central, un même nœud du Destin où l’homme est contraint de choisir entre la catastrophe une fois de plus ou l’émergence à un autre niveau de conscience. Jusqu’au jour où tout au fond de la nuit, devant le bûcher de sa bien-aimée, Nil découvre l’ “autre chose”, la “lumière puissante” du prochain cycle, ayant compris enfin que la liberté n’était pas nécessairement sur les hauteurs hors du monde et que nous étions les fils du ciel “par le corps de la terre”. »
Tome 1 - 1973-1978
À propos de ce Tome 1, Satprem dit : « Tout de même, après beaucoup d’hésitations, nous avons voulu publier dans ce premier volume de mes Carnets quelques-unes des innombrables lettres écrites comme un cri d’appel pour “faire comprendre” qui était Mère, ce qu’Elle faisait, ce qu’Elle voulait pour la terre, et mes brèves notations succinctes et elliptiques des faits en cours. »
Et là nous sont révélées l’ampleur et l’acuité de la lutte engagée par Satprem et Sujata pour continuer l’Œuvre de Sri Aurobindo et Mère. En prologue Satprem note des Visions et Faits avant le départ de Mère, puis, après le départ de Mère, se déroule sous nos yeux ce combat qui commençait par la protection, puis l’édition, de l’intégralité de l’Agenda de Mère. C’est le récit extrêmement vibrant des difficultés de toutes sortes traversées à ce moment-là : la « bataille de l’Agenda » car, écrit Satprem :
« J’avais un Secret, allait-il être englouti une fois de plus sous les décombres d’une “civilisation” ou d’une autre ?
Et ailleurs, Il fallait DIRE. Personne ne savait ce qu’était ce prodigieux Agenda de Mère, le Pouvoir qu’il contenait – le Chemin. Cet unique Chemin au bout de tant de millénaires de Malheur, cette Réponse à nos âmes et à nos corps qui avaient tant brûlé en vain […]. Cette fois-ci la loi changeait, il fallait le dire, et le Moyen. »
S’il est vrai que ces années sont douloureuses, Satprem écrit aussi. « Et puis on voit cette Grâce prodigieuse qui vous porte à travers tout et en dépit de tout, qui fait venir juste à temps l’aide voulue […]. Alors, aussi, on s’aperçoit matériellement, physiquement, que LE CHEMIN EST FAIT, sinon, on n’aurait jamais pu faire un pas là-dedans.
Et il prévient : « Mais le But de ces Carnets, la vraie bataille restait devant moi : incarner, mettre dans mon propre corps ce qu’ils l’ont empêchée de faire toute vivante. […] Les Carnets qui suivront vous diront ce long cheminement dont on ne sait pas si c’est la mort ou le commencement d’une Vie nouvelle, pour la Terre et pour les hommes. »











