« Quatre milliards et demi d’Homo sapiens sont en train d’apprendre la nullité de leurs moyens d’existence, comme un jour certains poissons ont appris la nullité de leurs branchies sur une terre desséchée. Si ces poissons améliorent leur Science aquatique, inventent de nouvelles nageoires et de nouvelles philosophies, ils se trompent. Il s’agit de savoir si nous allons trouver le MOYEN, non pas d’améliorer l’asphyxie humaine mais de vivre autrement et d’être autrement sur la terre. Existe-t-il, dans ce corps humain, un ressort, un levier, qui permettra de changer nos conditions terrestres, comme il y a trois millions d’années une première vibration de pensée a préparé Einstein et le Boeing 747 ? Quelle vibration ? Où, dans le corps ? – Se pourrait-il que la Matière première du monde, la cellule, recèle un pouvoir de conscience ou un “mode vibratoire” qui rende caducs tous nos moyens cérébraux et nos artifices sans issue ? un Mental des cellules qui nous ouvrira de nouvelles sources d’énergie, de nouveaux moyens de communication, un nouveau pouvoir de manipuler la Matière. Une biologie nouvelle et une conscience nouvelle qui permettront d’affronter le défi d’une espèce en voie d’auto-destruction. Telle est l’incroyable découverte de Sri Aurobindo et de Mère dans les cellules du corps, à l’heure où la terre asphyxie. Car le salut est physique, disait celle qui, à 80 ans, osait frapper à la dernière porte du corps et faisait la plus formidable découverte depuis Darwin. »
Tome 1 - 1973-1978
À propos de ce Tome 1, Satprem dit : « Tout de même, après beaucoup d’hésitations, nous avons voulu publier dans ce premier volume de mes Carnets quelques-unes des innombrables lettres écrites comme un cri d’appel pour “faire comprendre” qui était Mère, ce qu’Elle faisait, ce qu’Elle voulait pour la terre, et mes brèves notations succinctes et elliptiques des faits en cours. »
Et là nous sont révélées l’ampleur et l’acuité de la lutte engagée par Satprem et Sujata pour continuer l’Œuvre de Sri Aurobindo et Mère. En prologue Satprem note des Visions et Faits avant le départ de Mère, puis, après le départ de Mère, se déroule sous nos yeux ce combat qui commençait par la protection, puis l’édition, de l’intégralité de l’Agenda de Mère. C’est le récit extrêmement vibrant des difficultés de toutes sortes traversées à ce moment-là : la « bataille de l’Agenda » car, écrit Satprem :
« J’avais un Secret, allait-il être englouti une fois de plus sous les décombres d’une “civilisation” ou d’une autre ?
Et ailleurs, Il fallait DIRE. Personne ne savait ce qu’était ce prodigieux Agenda de Mère, le Pouvoir qu’il contenait – le Chemin. Cet unique Chemin au bout de tant de millénaires de Malheur, cette Réponse à nos âmes et à nos corps qui avaient tant brûlé en vain […]. Cette fois-ci la loi changeait, il fallait le dire, et le Moyen. »
S’il est vrai que ces années sont douloureuses, Satprem écrit aussi. « Et puis on voit cette Grâce prodigieuse qui vous porte à travers tout et en dépit de tout, qui fait venir juste à temps l’aide voulue […]. Alors, aussi, on s’aperçoit matériellement, physiquement, que LE CHEMIN EST FAIT, sinon, on n’aurait jamais pu faire un pas là-dedans.
Et il prévient : « Mais le But de ces Carnets, la vraie bataille restait devant moi : incarner, mettre dans mon propre corps ce qu’ils l’ont empêchée de faire toute vivante. […] Les Carnets qui suivront vous diront ce long cheminement dont on ne sait pas si c’est la mort ou le commencement d’une Vie nouvelle, pour la Terre et pour les hommes. »











