« À la suite de Darwin, nous ne pouvons pas imaginer une autre espèce sinon comme une “amélioration” de la nôtre, en espérant qu’elle sera moins destructrice. Mais il n’y a pas d’espèce nouvelle possible ni d’avenir pour la Terre à moins que nous n’allions à la racine physique de ce qui fait la Destruction – de tout : hommes et bêtes, depuis des milliards d’années. Or, il n’y a qu’une manière possible d’aller à la recherche de cette première tombe terrestre, c’est de plonger dans son propre corps, ces cellules, ces atomes, et de traverser ce “quelque chose qui fait la mort”, tout en vivant. Alors on sait ce que c’est et on sait ce qu’il y a, sans microscope et sans anesthésie. Et on sait que cette grande Destructrice, cette “Mort qui se repaît de ses créatures”, est traversable et destrutible. Au bout de cette fabuleuse exploration, cette périlleuse aventure, de l’autre côté de ce premier Mur de Mort, dans ces cellules mêmes et dans ce corps, on découvre une nouvelle sorte de vie, une nouvelle sorte d’air, une autre respiration physique comme il n’y en a jamais eu depuis l’apparition du premier système pulmonaire et du premier amphibien il y a 400 millions d’années – le secret de notre vieille évolution mortelle et la porte d’une nouvelle création sur la Terre. Évolution II. »
Tome 1 - 1973-1978
À propos de ce Tome 1, Satprem dit : « Tout de même, après beaucoup d’hésitations, nous avons voulu publier dans ce premier volume de mes Carnets quelques-unes des innombrables lettres écrites comme un cri d’appel pour “faire comprendre” qui était Mère, ce qu’Elle faisait, ce qu’Elle voulait pour la terre, et mes brèves notations succinctes et elliptiques des faits en cours. »
Et là nous sont révélées l’ampleur et l’acuité de la lutte engagée par Satprem et Sujata pour continuer l’Œuvre de Sri Aurobindo et Mère. En prologue Satprem note des Visions et Faits avant le départ de Mère, puis, après le départ de Mère, se déroule sous nos yeux ce combat qui commençait par la protection, puis l’édition, de l’intégralité de l’Agenda de Mère. C’est le récit extrêmement vibrant des difficultés de toutes sortes traversées à ce moment-là : la « bataille de l’Agenda » car, écrit Satprem :
« J’avais un Secret, allait-il être englouti une fois de plus sous les décombres d’une “civilisation” ou d’une autre ?
Et ailleurs, Il fallait DIRE. Personne ne savait ce qu’était ce prodigieux Agenda de Mère, le Pouvoir qu’il contenait – le Chemin. Cet unique Chemin au bout de tant de millénaires de Malheur, cette Réponse à nos âmes et à nos corps qui avaient tant brûlé en vain […]. Cette fois-ci la loi changeait, il fallait le dire, et le Moyen. »
S’il est vrai que ces années sont douloureuses, Satprem écrit aussi. « Et puis on voit cette Grâce prodigieuse qui vous porte à travers tout et en dépit de tout, qui fait venir juste à temps l’aide voulue […]. Alors, aussi, on s’aperçoit matériellement, physiquement, que LE CHEMIN EST FAIT, sinon, on n’aurait jamais pu faire un pas là-dedans.
Et il prévient : « Mais le But de ces Carnets, la vraie bataille restait devant moi : incarner, mettre dans mon propre corps ce qu’ils l’ont empêchée de faire toute vivante. […] Les Carnets qui suivront vous diront ce long cheminement dont on ne sait pas si c’est la mort ou le commencement d’une Vie nouvelle, pour la Terre et pour les hommes. »











