Lettres d’un insoumis

Deux tomes de correspondance de Satprem constituant en fait une biographie.
Tome 1 : années 1943 à 1953 (396 pages) – Tome 2 : années 1954 à 1982 (554 pages).

Si ces Lettres d’un Insoumis nous sont précieuses, c’est parce qu’elles nous font toucher, et vivre un peu, ce cheminement de quarante ans, plus riche de sens pour notre époque qu’une quête d’un graal mythique ou même qu’une passionnante aventure de Jules Verne…

Plus sur cet ouvrageÉcrit par SatpremÉdition : Institut de Recherches Évolutives / Robert Laffont

« Passionnante est la Vie !… Je voudrais te donner ma ferveur, mon désir incessant de tout ce qui est neuf, de tout ce qui est imprévu. Je hais les chemins tout tracés. »  Satprem, qui s’appelait alors Bernard, est à la veille de ses vingt ans lorsqu’il laisse ce message à son jeune frère, presque comme un testament, au cas où il lui arriverait des « ennuis » ; car, émergeant à peine de l’adolescence, il avait quitté la demeure familiale pour s’engager dans la Résistance. Un mois et demi après cette lettre, en novembre 1943, il est arrêté par la Gestapo alors qu’il allait s’engager dans une section spéciale de sabotage. Une page est brutalement tournée, les « chemins tout tracés » écartés à jamais après la dévastation des camps de concentration. Mais cette ferveur brûlante est toujours là, c’est la seule chose qui va le garder en vie : un « miraculé », témoigne sa sœur après que le typhus ait failli l’emporter au retour des camps.
    « J’ai fait une table rase pour être neuf à la loi nouvelle. J’ai soif », écrit Satprem quelques mois plus tard à André Gide qu’il croise en Haute-Égypte, en route vers l’Inde. Il ne saurait très bien dire ce qu’est cette « loi nouvelle », mais pressent qu’elle seule peut donner un sens à un cœur qui bat, tant bien que mal, dans une poitrine meurtrie. André Gide, touché, lui donne ce message, tel un mantra initiatique : « Le monde ne sera sauvé, s’il peut l’être, que par des insoumis. » Insoumis, Satprem l’est déjà fondamentalement : « Ce monde est in-ac-cep-ta-ble… Je ne comprends la vie que comme un DÉFI violent au sort, à la mort. […] »
Mais le message de Gide était incomplet, une première initiation seulement ; les aventures, si belles ou riches fussent-elles, ne pouvaient étancher cette soif : il fallait aller plus profond, avoir le courage de creuser en soi-même pour déterrer tout au fond la « loi nouvelle ». Il fallait trouver quelque chose qui console tout, emplisse tout – le pourquoi de toute notre douloureuse aventure humaine et terrestre depuis des âges.
[…]
C’est à Klari, avec laquelle il partage « un vieil esprit rebelle », et à Bernard d’Oncieu, gentleman-aventurier au cœur noble et chaleureux, que sont adressées la plupart de ces Lettres d’un Insoumis. Satprem les y prend à témoin du pari qu’il a fait sur sa vie, leur ouvre son cœur et leur confie son espoir invariable, ses joies aussi intenses qu’elles sont fugaces, les sommets mais aussi les abîmes de son exploration en solitaire vers cette terra incognita de l’homme, avec pour seul fanal cette flamme insatiable qui lui interdit de s’arrêter nulle part : « Mon rêve, et je veux y croire en dépit de toutes les apparences, c’est de réconcilier un jour l’aventure extérieure et l’aventure intérieure, que tout soit un même sourire, une même joie, un grand jaillissement spontané. Et que le corps, lui aussi, trouve la joie de l’existence. J’en ai assez, assez de ces vies tronquées où l’on ne vit que dans une petite province de soi-même, en rejetant le reste.
[…] Je veux avoir le courage d’aller jusqu’au bout »
, écrit-il à d’Oncieu quelques jours après son arrivée à l’ashram de Pondichéry. De courage, Satprem n’en manque pas dans ce lent labeur vers l’accomplissement intégral de l’Homme, un labeur infiniment plus exigeant que l’Amazonie ou le désert africain – d’ailleurs, l’appel de la route ou du large revient le hanter aux heures noires, et bien des fois au cours de ces premières années, sous l’œil légèrement ironique de Mère, la compagne de Sri Aurobindo, Satprem est sur le point de lever l’ancre pour quelque Turkestan ou Congo – à leur place, il choisira Ceylan et les Himalayas, et sillonnera l’Inde avec un bâton de Sannyasin, avant de revenir auprès de Mère se jeter de nouveau dans cette impitoyable guerre intérieure : « Il faut recommencer encore et encore, avoue-t-il à Klari, jusqu’à ce que la nuit des hommes soit définitivement vaincue dans le fond de son être, et c’est un interminable combat… Il faut traverser toute l’épaisseur des cycles de souffrance humaine, parcourir en quelques années l’atavisme obscur de nos existences passées, l’hérédité de la terre, pour avoir le droit d’émerger à nouveau dans la lumière et la vérité. »
Ce n’est ni une « quête spirituelle », ni une fuite hors de la vie, mais au contraire un véritable voyage au centre de l’homme, digne de Jules Verne, breton comme Satprem (dont l’obstination est certes une vertu de ce pays-là), voyage semé d’épreuves et d’embûches, riche en explorations latérales, mais avec aussi des tournants décisifs. Peu à peu, Klari et Bernard d’Oncieu voient leur vieil ami naître à une nouvelle conscience, une nouvelle vie, qui ne font qu’aiguiser davantage sa soif : « Le but n’est jamais atteintLa victoire du jour est le poids qui vous empêche d’avancer le lendemain… »

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Voir les autres ouvrages de Satprem

La Tragédie de la Terre

de Sophocle à Sri Aurobindo

Dans cette vaste fresque, qui n’a rien d’un essai didactique, Satprem met en évidence le fil conducteur qui relie Sri Aurobindo, Sophocle et les Rishis védiques et commente : « Entre un Occident post-socratique qui ne croit qu’en ses pouvoirs mécaniques sur la Matière et une Asie post-védique qui ne croit qu’en sa libération de la Matière, Sri Aurobindo incarne un autre grand Tournant de notre destinée humaine… »

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Mère

TRILOGIE de Satprem : 1. Le Matérialisme Divin / 2. L'Espèce Nouvelle / 3. La Mutation de la Mort

Le 26 octobre 1975, quelques mois à peine après avoir commencé cette trilogie de quelques 1400 pages comme un prélude à l’édition de l’Agenda de Mère, Satprem notait sur un bout de papier : « J’ai ramassé mes dernières énergies, j’ai écrit ce livre comme on fait un dernier acte avant de quitter son corps, et j’ai trouvé en route… quelque chose, qui a tout changé. Puissent ceux qui me lisent découvrir avec moi ce quelque chose qui change le sens de la vie et de la mort. »


Carnets d’une Apocalypse, tome 1 page 120
© Éditions Institut de Recherches Évolutives

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Mère

3 Tomes

Le Matérialisme Divin - Tome 1

Relate le cheminement de Mère depuis son enfance jusqu’à sa rencontre avec Sri Aurobindo, puis son travail avec lui jusqu’en 1950.

1978·24 €·483 pages

L'Espèce Nouvelle - Tome 2

De 1950 à 1968, la poursuite de l’œuvre de Sri Aurobindo, Mère à la recherche d’un nouveau mode d’être.

1978·26.50 €·568 pages

La Mutation de la Mort - Tome3

Évoque les dernières années de Mère, de 1968 à 1973, la période la plus critique, la plus poignante, au cœur de sa découverte.

1979·-225 €·343 pages

Mémoires d’un Patagonien

Conte préhistorique et posthistorique

Collection « Aider la Vie »

Mon frère et compagnon Robert Laffont, écrit Satprem, m’a demandé : « Pourquoi n’écrirais-tu pas l’histoire d’un petit garçon dans un bateau qui va à Belle-Ile et qui rêverait de sa vie future et raconterait ainsi ta vie à l’envers… » Mais au lieu d’un petit garçon de maintenant j’ai eu une étonnante vision que je raconte maintenant.

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Gringo

Un « Livre de la Jungle » à l’envers. Mâ, l’Ancienne de l’évolution, entraîne Gringo dans des aventures du passé et de l’avenir de la Terre, de la forêt pré-humaine à la forêt mystérieuse de demain.

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Évolution II

Après l'Homme, qui ? Mais surtout : après l'Homme comment ?

À la suite de Darwin, nous ne pouvons pas imaginer une autre espèce sinon comme une « amélioration » de la nôtre, en espérant qu’elle sera moins destructrice. Mais il n’y a pas d’espèce nouvelle possible ni d’avenir sur la Terre à moins que nous n’allions à la racine physique de ce qui fait la Destruction — de tout : hommes et bêtes, depuis des milliards d’années.
Essai en même temps que récit de l’aventure menée par Satprem au cours des années 80.

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Par le corps de la Terre ou Le Sannyasin

Un livre des voyages de l’âme, récit d’un périple par les routes de l’Inde et bien d’autres vers un nœud du Destin, où l’homme doit choisir entre la catastrophe une fois encore et l’émergence à une autre conscience : Nous sommes les fils du Ciel par le corps de la Terre.

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La Légende de l’avenir

Un court essai dans lequel Satprem ramasse l’essence de l’expérience de Sri Aurobindo et de Mère, expérience qu’il poursuit lui-même dans son corps depuis dix-huit ans, et qui donne un sens terrestre à notre évolution en nous permettant de comprendre le Tournant auquel nous arrivons.

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La Clef des contes

Collection « Aider la Vie »

Robert Laffont a eu à cœur d’écrire un texte de présentation à ce livre et dit entre autres : Satprem et son œuvre provoquent en moi respect et admiration profonde. Avoir publié une très large part de ses écrits demeure une de mes fiertés d’éditeur…
Dans ce livre, Satprem nous donne, sous forme de conte, l’essence de la quête de toute sa vie et de son œuvre, en témoignant de son expérience actuelle.

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Le Mental des cellules

À l’aide de nombreux extraits de l’Agenda de Mère, Satprem présente l’essentiel de la recherche de Mère. Alors que les scientifiques en sont désormais venus à parler de « programme des cellules », Mère découvrait, par une autre voie, celle de la conscience, ce qu’elle a appelé le « mental des cellules ».

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La Révolte de la Terre

Essai, mêlé d’un court récit autobiographique, sur le sens profond des évènements mondiaux actuels. L’Homo Electronicus ne sera-t-il pas supplanté, comme un jour nous avons supplanté les singes ?

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